Le pouvoir calorifique du gaz, que l’on appelle aussi « valeur calorifique », correspond à l’énergie libérée sous forme de chaleur lors de la combustion du gaz.
Pourquoi est-ce important ?
Contrairement à l'eau, tous les mètres cubes de gaz n'ont pas la même teneur en énergie. Pour garantir une facturation équitable, votre consommation n'est pas basée sur le volume brut (m³) mais sur l'énergie réelle fournie (kWh).
Le lien entre le volume enregistré par votre compteur et l'énergie facturée est établi grâce au facteur de conversion. Ce dernier intègre la valeur calorifique du gaz ainsi que les conditions de livraison (pression et température) propres à votre zone.
Quelle est sa valeur ?
La valeur calorifique s’exprime en kilowattheures (kWh) ou en mégajoules (MJ) par unité de poids ou de volume.
Depuis le passage du gaz pauvre au gaz riche, la Belgique est désormais exclusivement approvisionnée en gaz riche. Le pouvoir calorifique supérieur (PCS) de ce gaz à Bruxelles se situe en moyenne entre 11,3 et 11,7 kWh/m³.
À titre de comparaison, le PCS de l’ancien gaz pauvre oscillait entre 9,5 et 10,8 kWh/m³.
Le gaz étant un produit d’origine naturelle, il s’agit de valeurs approximatives : sa composition varie selon sa provenance, tout comme pour l’eau, le minerai de fer ou le charbon.
Pouvoir inférieur vs supérieur
On exprime la valeur calorifique d’un combustible selon 2 mesures : le pouvoir calorifique supérieur (PCS) et le pouvoir calorifique inférieur (PCI).
- Le pouvoir calorifique supérieur (PCS) prend en compte l’énergie totale libérée.
- Le pouvoir calorifique inférieur (PCI) se limite à la chaleur produite directement par la flamme.
Pour comprendre la différence, un petit rappel scientifique s'impose : tout combustible produit de la vapeur d’eau lors de sa combustion.
- Cette vapeur contient de l’énergie qui peut être récupérée lorsqu’elle se condense en eau. C’est précisément ce qui se passe dans une chaudière à condensation.
- Dans une chaudière classique, en revanche, cette énergie est perdue et s’échappe par la cheminée avec les fumées de combustion.
Bon à savoir
Pour le calcul de votre facture, c’est toujours le pouvoir calorifique supérieur (PCS) qui est utilisé. Il s’agit d’une méthode standardisée pour convertir le contenu énergétique du gaz en vue de la facturation. Avec une chaudière à condensation, vous récupérez donc plus de chaleur pour le même prix facturé.
Et pour les autres combustibles ?
Chaque combustible possède sa propre valeur calorifique, qui varie selon son type. À titre de comparaison, il faut environ 3 kg de bois sec pour remplacer 1 litre de mazout ou 1 m³ de gaz naturel. Lorsque vous comparez les prix de l’énergie, il est donc très utile de tenir compte de cette valeur.
Quelques exemples
| Énergie | Pouvoir calorifique inférieur (PCI) | Pouvoir calorifique supérieur (PCS) |
|---|---|---|
| Gaz naturel pauvre | 9,16 kWh/m³ | 10,17 kWh/m³ |
| Gaz naturel pauvre | 10,12 kWh/m³ | 11,46 kWh/m³ |
| Butane | 12,66 kWh/kg | 13,7 kWh/kg |
| Propane | 12,78 kWh/kg | 13,89 kWh/kg |
| Mazout de chauffage | 9,96 kWh/l | 10,70 kWh/l |
| Charbon (ex: anthracite 10/20) | 8,72 kWh/kg | 9,27 kWh/kg |
| Bois (20% d'humidité) | 3,82 kWh/kg | 4,14 kWh/kg |
Pour aller plus loin
Bien que le pouvoir calorifique soit une propriété physique intrinsèque, les chiffres ci-dessus sont des moyennes qui peuvent varier selon la qualité de la source d’énergie :
- Gaz naturel : Sa composition chimique varie selon l’origine géographique (proportion de méthane, d'éthane ou d'azote). Le gestionnaire de réseau adapte donc mensuellement le facteur de conversion pour facturer l’énergie réellement consommée plutôt que le simple volume en m³.
- Combustibles solides (bois, pellets) : La valeur dépend de l’essence du bois, mais surtout de son taux d’humidité. Un bois mal séché peut perdre plus de 20 % de sa valeur énergétique réelle, car une partie de la chaleur est « gaspillée » pour évaporer l’eau présente.
- Combustibles liquides (mazout, pétrole) : Ce sont les plus stables, bien que des additifs ou de légères variations dans le processus de raffinage puissent influencer leur densité énergétique.