Et si on récupérait la chaleur produite par une usine, l’incinération des déchets ménagers ou encore les serveurs informatiques d’une entreprise locale pour chauffer des habitations et autres bâtiments dans le voisinage ? C’est le principe du réseau de chaleur, un système qui fonctionne un peu comme un chauffage central mais à l’échelle de toute une ville ou d’un quartier.
Économies d'échelle
Concrètement, une chaufferie centrale chauffe de l’eau, acheminée ensuite vers chaque habitation par un réseau de canalisation isolées enterrées. L’énergie utilisée provient en priorité de sources locales :
- chaleur récupérée issue de procédés industriels, de bureaux, de l’incinération des déchets, des eaux usées…
- chaleur contenue dans le sol (géothermie)
- production solaire
- centrales au gaz ou au charbon
De quoi se compose un réseau de chaleur ?
- Une chaudière centrale de forte puissance
- Un réseau de canalisations bien isolées et enterrées sous le sol des rues. Ce réseau apporte l’eau chaude de chauffage (ou la vapeur) dans chaque habitation.
- Un échangeur de chaleur à l’entrée du réseau dans chaque habitation. Il capte la chaleur du réseau pour la transférer au réseau interne de l’habitation (radiateurs et système de production d’eau chaude sanitaire pour les bains, douches, etc.)
- Un système complémentaire (solaire, pompe à chaleur, boiler…) dans chaque habitation pour produire l’eau chaude sanitaire individuellement quand le réseau de chaleur est hors service, en été.
Les points forts
- Économies d’échelle : une seule installation de chauffage pour 1000 logements consomme moins de ressources et coûte moins cher au bilan final que 1000 installations individuelles. Mais le rendement est à peu près identique dans les deux cas : 86 à 87% en moyenne.
- Facilité : les occupants se font livrer la chaleur à domicile tout comme l’eau, le gaz, l’électricité, la téléphonie et… les pizzas ! Et fini les soucis d’entretien et de réparation : on paie juste ce que l’on consomme.
- Exploitation collective des sources de chaleur qui ne pourraient pas être utilisées individuellement car elles ne sont pas exploitables par les petites chaudières (sources thermales, chaleur volcanique, plaquettes de bois…) ou seraient perdues (chaleur produite par un procédé industriel).
Les points faibles
- Risque de pertes de chaleur : si l’isolation des tuyaux enterrés est défectueuse, la chaleur est perdue dans le sol. Ce n’est pas le cas avec un chauffage central classique : si la chaleur s’échappe des tuyaux de chauffage, elle reste dans l’habitation.
- Uniquement possible pour des habitations rapprochées : si les habitations sont trop dispersées et éloignées l’une de l’autre, le système ne peut pas fonctionner.
- Investissement de départ important
Bruxelles, un terrain idéal pour les réseaux de chaleur
Les réseaux de chaleur peuvent jouer un rôle important dans l’approvisionnement en chauffage à Bruxelles à l’avenir. Alors que nous sortons progressivement des énergies fossiles comme le gaz naturel, ils représentent une solution durable pour se chauffer.
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